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Brésil : Tout sur l'affaire Lula


La Cour suprême du Brésil rejette la demande d'habeas corpus de Lula Da Silva. L'ancien président devra purger une peine de 12 ans et un mois de prison pour corruption.



Brésil : Tout sur l'affaire Lula
En rejetant cette demande d'habeas corpus, la Cour suprême ne lui reconnait pas le droit de rester libre en attendant que tous les recours contre sa condamnation à la prison soient épuisés. 
Son arrestation est donc imminente. 
Brésil : Lula aux portes de la prison 
Cette décision change la donne politique dans le pays car M. Da Silva était en tête des intentions de vote pour la présidentielle d'octobre. 
Les chances du leader de gauche de se présenter à l'élection présidentielle d'octobre 2018 sont ainsi réduites à néant. 
L'ex-président peut être incarcéré dans les prochains jours. 
Les faits 
À 21 ans, il entre au syndicat des métallurgistes et en devient le président en 1975. 
Il conduit les grandes grèves de la fin des années 1970, en pleine dictature militaire (1964-1985). 
Au début des années 1980, il fonde le Parti des Travailleurs (PT). 
Il se présente pour la première fois à l'élection présidentielle en 1989 et échoue de peu. 
Après deux nouveaux échecs, en 1994 et 1998, la quatrième tentative sera la bonne, en octobre 2002. Il est réélu en 2006. 
Premier président brésilien issu de la classe ouvrière, il a mis en œuvre d'ambitieux programmes sociaux, en bénéficiant des années de croissance portées par le boom des matières premières. 
Sous ses deux mandats (2003-2010), près de 30 millions de Brésiliens sont sortis de la misère. 
Sous son règne le Brésil a acquis une stature internationale de premier plan. 
En février 2017, Lula a dû affronter une épreuve intime avec la mort de Marisa Laeticia, son épouse et compagne durant quarante ans de lutte. 
Soutiens 
Mais dans cette épreuve il peut compter sur certains soutiens. 
"Le peuple brésilien a le droit de voter pour Lula, le candidat de l'espérance. Sa candidature sera défendue dans les rues et dans toutes les instances, jusqu'aux dernières conséquences", a affirmé sur Twitter le Parti des Travailleurs, fondé par Lula dans les années 80, peu après l'annonce de la décision de la Cour suprême. 
"La présomption d'innocence, ce droit fondamental (...), n'a pas prévalu aujourd'hui pour Lula. C'est un jour triste pour la démocratie et pour le Brésil", a déclaré la présidente de ce parti, Gleisi Hoffmann. 
L'ex-président a également reçu le soutien du président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a affirmé sur Twitter avoir ressenti "une douleur à l'âme devant une telle injustice". 
Pays divisé 
Pour beaucoup de Brésiliens, Lula demeure une icône perçue comme "près du peuple". 
Il dispose encore d'un réservoir de voix considérable, notamment dans les régions pauvres du nord-est, dont il est originaire. 
Mais, d'autres Brésiliens le considèrent comme un symbole de la corruption. Mardi soir, veille du jugement, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient manifesté dans les plus grandes villes du pays pour réclamer l'incarcération de Lula. 
Lors des débats de la Cour suprême qui ont débuté mercredi, les 11 juges se sont montrés profondément divisés et la demande d'habeas corpus de Lula a été rejetée par six voix contre cinq. 
Cette décision est une victoire éclatante pour les procureurs de l'opération "Lavage-Express". 
Il s'agit d'une enquête tentaculaire qui a mis au jour un gigantesque scandale de corruption impliquant des hommes politiques de tous bords.

Vendredi 6 Avril 2018